Dans un bar enfumé de la rue Vuitton, les habitués ne remarquèrent pas l'arrivée de Jack qui devait y retrouver un indic qui lui avait laissé la veille un mot sous la porte de son bureau.
Jack contourna le comptoir en zinc en observant avec un regard inquisiteur chacun des clients afin de tenter de démasquer l'auteur anonyme de la lettre mystérieuse.
Que voulait dire ce "hurhfiuroiquq@yahoo.fr" ? Pourquoi était-ce si mal écrit ? L'auteur était-il saoul au moment de faire glisser la plume de son stylo sur le papier ? De qui cela provenait-il ? Et comment Jack en avait-il conclut que le rendez-vous devait avoir lieu dans cet établissement et à cette heure précise ?
A la dernière question, Jack en conclut que l'auteur avait souffert du syndrome de la page blanche et que le lecteur ne remarquerait pas cette incohérence. Après tout, des liens de causes à effets qui ne tiennent pas debout, il y en a plein dans les séries télévisées de TF1 sans que ça gêne personne.
Au bout du comptoir, près de la porte des WC qui revêtait un aspect désuet "années folles", une silhouette se détachait des autres, tant sa posture avachie faisait penser à un pilier de bar en fin de soirée.
Jack sourit, il venait de comprendre.
"Salut Jack, mais qu'est-ce que tu fous là, hips ?", lui fit alors une voix familière.
Miss July se remit droite et cligna des yeux avec son élégance naturelle.
Elle sourit, leva délicatement son verre à la bouche pour le finir, mais il était déjà vide.
Elle sembla surprise, puis se mit à rire grassement.
Elle venait de finir sa bouteille de Rhum.

Comtes et nouvelles du 23 octobre 2009
ou Comment raconter des histoires absurdes à partir d'une photo

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